COVID-19 : eCampusOntario a regroupé des ressources pour soutenir la transition aux cours à distance. Visitez la page

07.01.2019 - 7 min. Lire

Concevoir des soins de santé plus intelligents : améliorer les processus à partir des idées du personnel infirmier

Les infirmiers et infirmières de l’Ontario ouvrent la voie. eCampusOntario a financé un projet de l’Université Ryerson qui combine l’expertise en soins infirmiers et le génie industriel pour créer des « jeux sérieux » permettant de réduire les coûts de formation et d’améliorer la valeur et les résultats de l’enseignement.

Meilleur travail, meilleurs soins

Le nouveau programme et les « jeux sérieux » permettent de former les infirmières et infirmiers de l’Ontario pour qu’ils animent l’amélioration des processus au travail. Nancy Purdy, de l’École de sciences infirmières de l’Université Ryerson, et Patrick Neumann, du Human Factors Engineering Lab, expliquent comment.

Nancy Purdy : Mes recherches portent sur la promotion de milieux de travail sains. J’essaie de montrer le lien entre un milieu de travail de qualité pour le personnel infirmier et la qualité des soins aux patients.

Les organisations qui s’engagent à améliorer leurs processus devraient tenir compte d’éléments importants comme l’efficience et la qualité, mais aussi la qualité du milieu de travail. J’ai pris conscience de la nécessité de former les infirmières et infirmiers à la façon de participer à cette démarche.

Quand eCampusOntario a dévoilé sa demande de financement, nous nous sommes dit qu’il fallait faire quelque chose au niveau du premier cycle afin de donner aux étudiants et étudiantes en sciences infirmières les connaissances de base dont ils ont besoin.

Il s’agit d’un ensemble de compétences très important. J’ai commencé par axer davantage mes lectures sur les lacunes du programme et sur l’importance pour les infirmières et infirmiers de pouvoir appuyer ces compétences de base sur une solide fondation.

Une capture d’écran du jeu de simulation.

Jeux sérieux

Nancy : Nous utilisons un « jeu de simulation » ou un « jeu sérieux » comme aide pédagogique. C’est une première, mais nous nous étions dit que cela pourrait vraiment éclairer notre pratique et notre propre perfectionnement d’éducateurs.

Patrick Neumann : Nous cherchons à simuler des systèmes de soins de santé. Dans le jeu de simulation, un clinicien dirige un projet d’amélioration des processus. Les apprenants peuvent donc appliquer tout ce qu’ils ont appris dans les modules.

Des étudiants en soins infirmiers acquièrent des compétences pratiques dans une salle de classe.

« Nous devons veiller à ce que les professionnels de la santé en première ligne possèdent les connaissances dont ils ont besoin pour participer à l’amélioration des processus. »

 

Combinaison de l’expertise en soins infirmiers et du génie industriel

Patrick : La majeure partie de mon travail porte sur l’aspect humain du système. Nous devons faire directement participer les employés de première ligne au processus d’amélioration afin que leurs points de vue, leur compréhension de ce qui est facile ou difficile, puissent être pris en compte. Nous devons veiller à ce que les professionnels de la santé en première ligne possèdent les connaissances dont ils ont besoin pour participer pleinement à l’amélioration des processus.

« La majeure partie de mon travail concerne l’aspect humain dans le système. »

 

Nous essayons de combler le fossé entre la façon dont pensent les ingénieurs, d’un côté, et les professionnels de la santé, de l’autre. Nous avons donc jumelé des représentants des deux groupes, pour améliorer la collaboration avec les personnes qui appliquent les trouvailles des ingénieurs.

Un groupe d’étudiants en sciences infirmières de Ryerson.

Rendre l’apprentissage dans les manuels plus pertinent

Nancy : Les étudiants nous ont dit beaucoup apprécier vraiment l’aspect réel et les exemples du jeu sérieux. Ces derniers rendent l’apprentissage à partir de manuels beaucoup plus réaliste. Nous avons utilisé des exemples fondés sur des données probantes, sur des rapports de cas et des exemples précis en Ontario pour les rendre aussi actuels et pertinents que possible. Cela va des soins actifs aux soins de longue durée en passant par les soins communautaires.

« Nous avons utilisé des exemples fondés sur des données probantes, sur des rapports de cas et des exemples précis en Ontario pour les rendre aussi actuels et pertinents que possible. »

 

Ouvert = coûts inférieurs + plus grande valeur

Nancy : Les étudiants ont également dit qu’ils préfèrent l’utilisation de clips audio et vidéo, surtout pour des concepts abstraits. Le multimédia divise le travail textuel qu’ils doivent faire.

Les manuels libres peuvent inclure ces nouveaux éléments, comme des vidéos et des façons de se tester, qui améliorent les résultats pour les étudiants. Au lieu de devoir simplement apprendre par cœur, chacun peut toucher du doigt l’application de l’enseignement.

Et puis, quand on pense aux pressions financières auxquelles font face les étudiants, on peut commencer à utiliser plus de matériel éducatif libre qui ne leur coûte rien. De plus, ils n’ont pas besoin de charrier leurs manuels dans leur sac à dos dans les transports en commun.

Les matériels éducatifs ouverts, en particulier les manuels scolaires dans ce cas, sont gratuits pour les étudiants, faciles d’accès et aisés à transporter, et ils peuvent inclure des éléments multimédias permettant de tester les compétences et d’améliorent les résultats d’apprentissage.

Le facteur humain

Patrick : Il s’agit ici d’améliorer les processus. De nos jours, pour améliorer leur fonctionnement, la plupart des hôpitaux comptent sur une équipe qui s’occupe de la qualité, sur une autre qui se penche sur les accidents, sur une autre qui étudie les coûts et sur une autre enfin qui essaie d’améliorer la sécurité — tout cela, sans coordination. Ce genre de formation aide à combler ces écarts.

« Nous voulons former des équipes capables de s’attaquer à la qualité, aux coûts et à la sécurité – pour le soignant et pour le patient – en un seul processus d’amélioration. Parce qu’au bout du compte, il n’y a qu’un seul hôpital. »

 

Nous voulons former des équipes capables de s’attaquer à la qualité, aux coûts et à la sécurité — pour le soignant et pour le patient — en un seul processus d’amélioration. Parce qu’au bout du compte, il n’y a qu’un seul hôpital et pas trois. Cette formation constitue le fondement de cet effort d’amélioration intégré.

Two nursing students in an examination room.

Deux étudiantes infirmières dans une salle d’examen.

Innovation en Ontario

Nancy : Au début, nous n’avions que quelques exemples d’autres simulations et jeux d’apprentissage. Il faut des ressources considérables pour faire ce travail qui consiste à tirer parti d’un grand nombre de domaines et d’experts. Je fais le lien avec l’importance d’eCampusOntario, parce que sans ce financement, nous n’aurions jamais pu faire cela.

Le financement a été un excellent catalyseur. Quand nous aurons commencé à faire la promotion de la formation de façon plus générale dans d’autres écoles, le modèle devrait être plus généralement repris. Nous n’aurions jamais pu y parvenir sans eCampusOntario.

Tout cela pour dire à quel point nous croyons que l’organisation et le financement connexe sont essentiels pour rendre l’éducation vraiment accessible et pour améliorer la pratique une fois que les gens ont obtenu leur diplôme.

Biographies

Patrick Neumann est professeur au Département de génie mécanique et industriel de l’Université Ryerson. (LinkedIn)

Nancy Purdy est professeure agrégée à la Daphne Cockwell School of Nursing. (Twitter LinkedIn)